vendredi 16 novembre 2012

Younes El Jaouhari: pré-requis pour le dévelopement de notre nation


M. Younes El Jaouhari, Directeur de la jeunesse au Ministère de la Jeunesse et des Sports présente sa vision pour le développement .

                                                             Photo: M. Youness El Jaouhari 

Le développement des nations passe par certains pré-requis forts importants qui conditionnent le succès (ou pas) de toute action. « Se développer » n’est certainement pas la somme de quelques mesures réussies et des réalisations positives. C’est plutôt un tout homogène qui intègre des composantes stratégiques et d’autres opérationnelles. Cette composition ne peut réussir que si nous adoptons certains préalables de base qui  peuvent être considérés comme le ciment qui assurera l’harmonie des actions et consolidera les différents efforts fournis pour un meilleur résultat d’ensemble. J’aimerais parler à ce titre de trois éléments : la confiance, une bonne répartition des tâches et un meilleur partage des richesses.
La confiance est à mon sens un élément fédérateur qui permettra aux intervenants dans un champ donné de jouer la même musique. Pour ce qui est du domaine de la jeunesse, le faible taux de participation à la politique, le peu d’intérêt pour l’action sociale, les succès relativement modérés au niveau de la création d’entreprise et de l’auto-emploi… sont quelques résultats négatifs du manque de confiance des jeunes dans l’action de certaines institutions et les comportements de certains acteurs. Cette confiance ne peut se construire qu’à travers une participation réelle et active des jeunes dans la prise de décision et la gestion de la chose publique. Nous avons, au Maroc, pris conscience de cela et nos actions dans ce sens sont plutôt encourageantes.
La bonne répartition des tâches est à mon avis un réel challenge à plus d’un titre. Je limiterai mon intervention ici à l’action des organes de l’Etat et celle de la société civile. Je pense qu’il serait fort intéressant de renforcer la marge d’action de la société civile sous toutes ses formes. Le rôle de l’Etat serait alors de créer la dynamique de développement et de réguler et d’encadrer son exécution. Les acteurs du social auraient pour rôle de mettre en œuvre les programmes et actions qui produiront les contenus sociaux adéquats. Cette répartition permettrait la conception et la réalisation d’une offre sociale globale et intégrée qui vise à satisfaire les besoins de vie de la communauté dans sa globalité et d’améliorer les conditions de leurs utilisation/consommation. Cela passe par la mise à niveau de l’action associative et une réelle consolidation des compétences des acteurs sociaux.
Un meilleur partage des richesses nécessitera la reconfiguration des modèles de développement actuels notamment le modèle économique. Notons à ce niveau que les crises mondiales répétées de ces dernières années annoncent de façon claire que le modèle actuel, le capitalisme, a atteint ses limites et sa philosophie d’action ne permet plus de réaliser la prospérité et le bonheur. Le souci social commence à prendre le pas sur le souci économique. La solution semble être d’investir en masse dans « l’Humain ». C’est à ce titre que les notions d’entrepreneuriat social et d’entreprise sociale se positionnent comme des concepts et outils qui commencent à avoir aujourd’hui un réel sens et beaucoup de résonance. Il s’agit, en effet, de combiner les valeurs de rentabilité économique avec le souci social. Cette combinaison servira aussi bien les intérêts des détenteurs du capital financier que les besoins de la communauté puisque dans la majorité des concepts proposés une part importante des bénéfices (ou la totalité) sert un objectif social.
J’ai présenté ici trois préliminaires pour le développement sans prétendre être exhaustif. J’appelle en fait à une meilleure combinaison des paramètres de l’action économique et sociale dans le cadre d’un modèle rentable pour tous qui permettra un développement d’un autre type.




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