vendredi 14 décembre 2012

Les dessous des tractations entre le Makhzen et Al Adl Wal Ihssane


Maghreb Intelligence : Les dessous des tractations entre le Makhzen et Al Adl Wal Ihssane


Au début du mois de décembre, Cheikh Abdeslam Yassine, leader incontesté du mouvement interdit Al Adl Wal Ihssane, attrape une forte grippe qui l’alite. Le vieil homme tombait souvent malade ces dernières années à cause d’une santé très fragile. D’ailleurs, l’état de santé du Cheikh était un des secrets les mieux gardés de la Jamaâ. Mais quand le vendredi 7 décembre, Abdeslam Yassine tombe dans le coma, les responsables d’Al Adl Wal Ihssane, ainsi que la famille du Cheikh décident d’en avertir officiellement l’Etat marocain. D’après nos sources à Rabat, c’est le ministre des Habous et des Affaires islamiques, Ahmed Taoufik, qui joue les missi dominici entre la Jamaâ et le Makhzen. Les tractations ne portent pas sur la position d’Al Adl Wal Ihssane ni sur son rôle futur dans le champ politique marocain, mais sur les modalités des obsèques en cas de décès du Cheikh. Le jeudi 13 décembre au matin, quand Al Adl Wal Ihssane a annoncé le décès de son guide, il avait déjà l’autorisation de faire la prière du mort à la Mosquée Assounna, à Rabat. Un privilège accordé aux hautes personnalités du pays. Autre geste révélateur de la part du Makhzen. Le cheikh sera inhumé au cimetière Echouhada de Rabat, habituellement réservé à quelques privilégiés. D’après nos sources au Maroc, dans le geste de l’Etat marocain envers la Jamaâ, il y a également une dimension politique. Al Adl Wal Ihssane peut ainsi utiliser la longueur du trajet entre la mosquée Assounna et le cimetière Echouhada pour se livrer à une véritable démonstration de force en passant notamment par le boulevard Mohammed V. Un hommage concédé par le Makhzen à un adversaire coriace, mais qui a marqué davantage le passé que le présent du royaume.
D’ailleurs, le chef du gouvernement qui a été parmi les premiers à présenter ses condoléances à la maison d’Abdeslam Yassine, devrait participer à ses funérailles avec plusieurs ministres de son gouvernement et des chefs de partis politiques. Enfin, il n’est pas exclu que le palais envoie un message de condoléances comme il a l’habitude de le faire avec toutes les personnalités importantes du royaume.

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