mercredi 9 janvier 2013

Édito de Nadia Salah :Réaction de la Chambre des représentants (MAP)

La Chambre des représentants dénonce "l'attaque gratuite" contre les représentants de la Nation dans l'éditorial de L'Economiste daté du 4 janvier:


Rabat - La Chambre des représentants a dénoncé, mardi, l'attaque gratuite contre les représentants de la Nation consistant en l'éditorial du 4 janvier courant du journal "L'Economiste", réaffirmant dans le même temps son attachement au respect de la liberté de la presse corrélée à la responsabilité.

Un communiqué de la Chambre, parvenu à la MAP, a souligné que "la Chambre des représentants, qui enregistre avec consternation le contenu de cet éditorial porteur d'attaque gratuite contre les députés de la Nation, leur attribuant des qualificatifs indignes, exprime sa condamnation de ces préjugés".

Cet éditorial, a ajouté la même source, "a occulté le souci de la Chambre des représentants, toutes composantes confondues, durant le débat sur le projet de loi de finance 2013, d'examiner les différentes questions économiques et financières en rapport avec la situation économique du pays, y compris la situation des exportations et des importations qui a fait l'objet d'un débat large et approfondi de la part des députés, ce qui enlève toute crédibilité au contenu de cet éditorial".

La même source a, en outre, souligné la foi profonde des représentants de la Nation quant au rôle des médias dans le renforcement de l'édifice démocratique et l'accompagnement des différentes institutions dans le cadre des normes légales et éthiques qui régissent leur mission dans la protection et la promotion de la démocratie, "ce qui implique l'engagement à s'en tenir à la sacralité de l'information et à respecter le libre commentaire, lequel ne doit en aucun cas donner prétexte à recourir à l'insulte et à la diffamation à l'endroit de personnes et, à plus forte raison, les institutions constitutionnelles".

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Édito de Nadia Salah
L'Economiste 04.01.2013

http://www.leconomiste.com/moutons-1

Moutons


La valeur ajoutée de nos exportations a baissé. Et pas qu’un peu: moins 5% en une seule année, l’année dernière.
Quand Miriem Bensalah, présidente de la CGEM, a révélé ces chiffres, un murmure effaré a parcouru l’assistance, très nombreuse, des Assises du Commerce extérieur. Le chef de gouvernement lui-même a marqué le coup. Il a eu raison; c’est grave.
En temps normal, un constat de cet acabit aurait fait tout un chahut au Parlement, aurait provoqué un branle-bas de combat…
Rabat aura sonné la mobilisation générale, avec commission d’urgence, tableau de bord… et tout le tremblement.
Pourtant, rien ne s’est passé. Les élus de la nation étaient en train de discuter de la loi de Finances. Pas un seul n’a trouvé la situation préoccupante. Pas un n’a estimé nécessaire de poser la moindre question sur la dégradation de la position internationale du Maroc.
Au contraire, nos politiciens ont dépensé beaucoup d’énergie à s’auto-congratuler devant l’emprunt à long terme, à un prix moindre que ce qui est facturé à l’Espagne.
Ils auraient mieux montré leurs soucis des causes nationales s’ils avaient relevé que cet emprunt couvre moins d’un mois d’importation. Et s’ils avaient relevé aussi que l’argent du remboursement est gaspillé en consommation au-dessus de nos moyens, consommation qui se transforme directement en importations.
Autrement dit, nos élus se sont comportés comme des moutons de l’Aïd qui se seraient félicités du retard pris par le boucher, parce qu’il aiguise son couteau!
Sauf que les élus, eux, ne seront pas sacrifiés: le jeu politique est organisé de telle manière qu’ils n’ont jamais de responsabilité à assumer.
Ceux qui sont dans l’opposition sont encore plus confortablement protégés que ceux qui sont au pouvoir.
Il ne reste qu’une chose à faire: multiplier les pressions de la société civile qui, elle, va payer durement l’irresponsabilité politique des élus.



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